Académie des dirigeants Dirigeants d'entreprises et organisations des secteurs public et privé

Le 17 novembre 2016

Soirée Débat de l’Académie des Dirigeants “Où sont et seront les nouvelles valeurs ajoutées ?”

Ecole Nationale de la Magistrature, 10 Rue des Frères Bonie, 33000 Bordeaux |  

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La soirée du 17 novembre 2016 a traité d'un sujet protéiforme, qui fut sans doute le plus difficile à mener à terme depuis que la commission existe, mais nos réunions préparatoires ont continué à privilégier la bonne humeur, l'échange et la confrontation d'idées.

 

Si le sujet est parti tous azimuts, sans que nous soyons capables de le recentrer, tellement nous voulions ne pas l'appauvrir, nous avons éprouvé une certaine jubilation à créer quelque chose qui nous dépassait, que nous ne contrôlions pas et nous avons accepté le risque de lancer un débat sans le maîtriser, une sorte de logique floue ou adaptative.

 

Cette soirée a eu lieu avec les 4 intervenants suivants :

–       Agnès GRANGÉ, Déléguée Régionale du Groupe La Poste et membre du comité stratégique qui pilote French Tech Bordeaux.

–       Christophe CHARLE, Président du collège des entrepreneurs au sein de la gouvernance de French Tech Bordeaux, cofondateur de Cdiscount, aujourd'hui dirigeant du groupe Tembo.

–       Xavier LAFON, Rapporteur extérieur de la Cour des Comptes à Paris.

–       Francis JUTAND, Directeur général adjoint de l’Institut Mines-Télécom.

 

Voici la feuille d'orientation qui a sous-tendu le questionnement et les interventions :

 

L'économie de demain entraîne une nouvelle répartition et une nouvelle composition du revenu pour les individus, provenant du travail principal comme aujourd'hui (rémunération de la compétence exercée), mais aussi de ressources issues de services collaboratifs en concurrence avec des professionnels, voire d'économies issues des mêmes services collaboratifs, qu'il faut aussi assimiler à une forme de revenu ou de moindre besoin de revenu.

 

L'économie de demain illustrera une économie plurielle que l'on veut ou pense encore pouvoir organiser et réguler avec notre regard d'aujourd'hui, en lui appliquant une norme synonyme d'uniformisation, non adaptée à certaines innovations de rupture, une norme ou des lois qui évoluent bien moins vite que le marché et qui sont surtout favorables aux positions installées voire hégémoniques que cette économie bouscule. L'économie plurielle va-t-elle donc créer un nouveau système de pouvoir reposant sur des transferts de création de valeur ?

 

Renforcera-t-elle le pouvoir des pays les plus innovants qui prendront les premiers des positions sur les nouvelles manières d'appréhender le marché ?

 

L'économie de demain autorise la cohabitation de modalités diverses de production et d’échange de valeurs. Elle peut se permettre de mettre en avant la recherche de relations avant la valeur des objets, substituer ou introduire des valeurs sociales et humaines qui font contraste aux seules valeurs économiques et donc créer de la valeur en donnant du sens à des transactions.

 

Cette recomposition de la valeur ajoutée et du revenu occasionne une remise en cause profonde de notre organisation classique. Sonne-t-elle la fin du salariat au profit de modes d'exercice professionnel plus indépendants mais plus précaires ?

 

Répond-elle aux souhaits d'une partie de la population qui voit dans cette économie plurielle une sorte de fonctionnement à la carte, déconnecté de certaines contraintes organisationnelles existant dans l'entreprise classique que nous connaissons, en apparence plus libre, affranchi des obligations temporelles liées à des horaires de travail prédéfinis ?

 

Est-elle de nature à créer de l'activité, donc de l'emploi, mais pas au sens du contrat actuel que nous pratiquons ?

 

Met-elle en péril le financement des services publics en diminuant la base de la collecte fiscale ? Ou bien au contraire l'enregistrement systématique de toutes les transactions que permet le numérique n’entraîne-t-il pas une traçabilité fiscale qui n'aura jamais été aussi forte ?

 

 

La rapidité inouïe de l'évolution dans tous les domaines conduit-elle à considérer que les dirigeants politiques ne peuvent agir qu'en réaction et non plus en anticipation, leur rôle devant se concentrer sur des fondamentaux comme l'éducation, seule susceptible de préparer les populations à une perpétuelle et rapide adaptation ?

 

La soirée-débat a réuni 110 personnes, dont 98 sont restées au cocktail au cours duquel elles ont pu échanger avec les intervenants.

 

Je remercie les membres de la commission que j'ai le plaisir d'animer, qui ont permis la réalisation de cette soirée, qui se trouve être la 12ème organisée par la commission depuis 11 ans. Je remercie également les membres des autres commissions qui se sont impliqués dans l'organisation, l'accueil, la recherche de participants et la communication.

Xavier Borotra, Président de la commission Laboratoire d'idées

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